nicolas leroy

Jour 04 – Péninsule de Valdés

November 21, 2006

Nous retrouvons James à 8h, et faisons la connaissance de Sam, un autre anglais qui loge également au Santa Rita : il est intéressé pour se joindre à nous et partager les frais. Nous partons donc à quatre, direction la Péninsule de Valdés ! Nous apprécions d’autant plus d’avoir une voiture un peu plus grosse que prévue.

Nous devons parcourir environ 70 kilomètres afin de rejoindre l’entrée de la Péninsule. Nous profitons de ce temps pour faire connaissance avec James et Sam. Le premier est en voyage de deux mois en Amérique du Sud (Argentine et Chili principalement), tandis que Sam commence son tour du monde par l’Argentine.

Arrivés à l’entrée de la réserve naturelle de la Péninsule de Valdés, nous nous acquittons du droit d’entrée (35 pesos par personne) et visitons un musée qui s’avère être une bonne introduction à ce que nous allons voir sur la Péninsule : il contient notamment un squelette de baleine et des présentations de la faune et la flore. Alors situés à l’endroit le plus étroit de l’isthme, nous pouvons apercevoir l’Océan Atlantique des deux côtés.

Nous continuons notre route vers Puerto Piramides, le seul village de la péninsule, et aussi seule station essence… Nous faisons le plein avant d’entreprendre les 300 kilomètres environ qui forment le tour de la péninsule.

Première destination : Punta Norte, au nord de la Péninsule, pour voir les éléphants de mer. Nous quittons la route goudronnée pour prendre un chemin de piste – très large, caillouté – qui ne nous permet pas de dépasser les 60 km/h mais nous permet d’apprécier le paysage. Au bout de quelques dizaines de minutes, le paysage peut sembler monotone : pas de relief, une végétation composée de petits arbustes à perte de vue. Mais plus que la monotonie, c’est un sentiment de solitude, de vide qui s’installe. La piste est toute droite pendant près de 70 kms.

Sur les abords de la piste, on entrevoit quelques rares vaches et chevaux, des troupeaux épars de moutons, qui appartiennent aux quelques haciendas qui se partagent l’exploitation de la Péninsule (la Péninsule est une réserve naturelle, non un parc national : les entreprises privées sont donc acceptées). Et puis rapidement, nous voyons les premiers guanacos : d’abord des individus isolés puis des petits groupes, et un groupe de plusieurs dizaines d’individus ! Les guanacos ne sont pas très craintifs : ils repèrent très rapidement notre présence et dès lors nous surveillent, mais ne fuient pas – ils veillent simplement à ce que nous respections une bonne distance de sécurité.

Nous arrivons à Punto Norte vers midi. Deux ou trois bâtisses ont été construites là (dont un restaurant), et un chemin a été balisé pour s’approcher de la plage, tout en interdisant l’accès direct à celle-ci. Nous apercevons bientôt des éléphants de mer et des lions de mer, étendus sur la plage.

Les éléphants de mer ont l’air très placides, presque immobiles. Et soudainement, d’un coup de nageoire, ils projettent un tas de petits galets sur leur dos, afin de se protéger du soleil. Ils sont aussi capables de se lever et se déplacer à une vitesse impressionnante (par rapport à leur masse, de plusieurs tonnes pour les vieux mâles) pour se battre ou impressionner un congénère.

En revenant à la voiture, nous croisons le chemin d’un tatou. Animal très étrange : un physique pas très avantageux, mais un capital sympathie très grand. Le tatou est un grand peureux mais il est capable de dépasser cette peur pour un peu de nourriture. Le résultat ? Des déplacements très nerveux, en avant et en arrière, à moins de 10 cm de nous au plus près… tout ça pour capter quelques miettes de pain. Autre sujet d’étonnement : les petits oiseaux sont plutôt effrontés. En train de manger une pomme, voilà une sorte de moineau local qui vient se poser directement sur celle-ci pour la picorer !

Nous reprenons la voiture et longeons la côte est de la Péninsule, direction le sud. Nous arrivons bientôt à un endroit aménagé pour voir des pingouins, très bien situé, juste à côté des nids : les pingouins n’hésitent pas à s’approcher très près de nous, attisés par la curiosité. Toutefois, nous sommes un peu déçus : leur nombre est assez faible, et surtout trois bus de touristes sont autour de la barrière pour les observer.

De l’endroit où nous sommes, nous apercevons au loin des orques, reconnaissables à leurs ailerons noirs et blancs. Malheureusement un peu trop loin pour profiter pleinement de ce spectacle, nous décidons de nous rapprocher en voiture pour les admirer de plus près. Nous garons la voiture un kilomètre plus loin sur le bord de la route, et marchons une centaine de mètres pour rejoindre le bord de la falaise qui va nous permettre d’admirer les orques apparaître et disparaître au loin. Nous sommes fascinés par le spectacle, et ne remarquons pas qu’une autre voiture vient de se garer près de la nôtre. Il s’agit d’une garde du parc, qui vient nous dire que nous n’avons pas le droit de marcher en dehors des zones préparées pour les touristes. Comme elle est relativement en colère, et s’exprime avec véhémence, il est difficile de comprendre exactement ce qu’elle veut. Heureusement, Cécile arrive à comprendre que nous devons supprimer les photos que nous avons prises, sinon elle préviendra la police. Evidemment, nous nous exécutons.

Nous comprenons les raisons qui la poussent à nous demander ça : si on ne canalise pas les visiteurs, ceux-ci vont s’arrêter et marcher n’importe où, et déranger la faune… En même temps, difficile d’accepter que nous avons dérangé les orques qui sont encore à plusieurs centaines de mètres. Mais il est vrai que nous sommes à peine à un kilomètre des groupes de touristes que nous avons quitté : nous donnons un mauvais exemple à ces personnes qui peuvent aussi être tentés de faire la même chose…

Nous continuons notre route, vers Caleta Valdès, pour voir d’autres éléphants de mer, et des loups de mer. Le site est beaucoup plus fréquenté que Puerto Norte. Mais le chemin balisé descend presque au niveau de la plage, ce qui permet d’admirer les animaux de très près.

Nous finissons notre boucle en passons le long de pâturages où broutent des moutons. La route, complètement déserte en cette heure, nous réserve quelques surprises : ici, ce que nous pensons être un mara (sorte de gros lapin), là un zorro (renard) qui traverse la route. Nous passons également à proximité des grandes salines, au centre de la Péninsule : elles forment une des plus grosses dépressions au monde : -40m sous le niveau de la mer. Elles sont malheureusement propriété privée, et nous ne pouvons les apercevoir que de loin.


Plus de photos dans l'album Argentina - The Valdes Peninsula

Notre journée se termine, et nous rejoignons Puerto Madryn vers 19h30, sous un vent très fort qui balaie la ville et apporte avec lui de grandes quantités de sable. Au total, nous aurons parcouru 450 km dans la journée.

Le soir, nous allons « Chez Estrella », une parilla réputée de Madryn pour manger de délicieuses grillades de bœuf, histoire de finir en beauté cette journée extraordinaire !

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